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UN AMBASSADEUR DU GOLF

IMG_20190620_174326Bonjour à tous.
Mon quatrième roman, « Les Plumes de l’albatros » vient d’être publié.
Il est un hommage au golf et un clin d’oeil à la Bretagne.
Il pourrait être aussi une sorte d’ambassadeur, celui du golf.
À l’heure des tentatives de la Fédération Française de Golf à démocratiser ce sport, les témoignages en sont trop rares. Poussé par une grande passion, j’ai écrit un polar golfique dont l’histoire se déroule en Bretagne, principalement dans le Morbihan, près de Quiberon. J’ai imaginé un « links », là où il n’y a que des herbes folles et des buissons fouettés par le noroît, survolé par les mouettes et les albatros. Symbole de liberté et d’audace, l’albatros est l’image d’une jeune femme, championne de golf, en fuite de son pays et obligée à la clandestinité. Victime d’une sombre machination, elle devra lutter pour gagner sa part de liberté.
Mais pourquoi ce titre : « Les Plumes de l’albatros » :
Explication dans un extrait du livre :
« Aurélien avait disparu. Tremblante, ne sachant que penser, elle remonta le sentier. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Qui était derrière tout cela ? La bande des Mishderri ? Et comment expliquer aux autres, au Golf, qu’Aurélien avait été kidnappé ? Qui la croirait, elle, l’étrangère sans papier, la silhouette que l’on voulait oublier, l’employée sans nom ? Elle ne donnait pas cher de sa liberté quand les gendarmes viendraient fouiner au Club pour mener leur enquête. Elle frissonnait de nervosité. D’une manière ou d’une autre, Kalina se devait de trouver le moyen le plus immédiat de sortir indemne de ce guêpier, sans y laisser des plumes. Les plumes d’un joli albatros. » ©
Une vidéo digne des meilleures bandes annonces du cinéma vous présente le livre :

LES PLUMES DE L’ALBATROS

Tant attendu, mon quatrième roman, « Les Plumes de l’albatros » va débarquer dans quelques jours, il sera disponible sur commande dans toutes les librairies physiques du réseau Hachette, et en ligne telle Amazon, Decitre et autres,…

Il est un hommage au golf et un clin d’oeil à la Bretagne.

Il est aussi un polar.golf ball with seagull

Pour la majorité des personnes, un golf représente l’inaccessible, le domaine réservé à la bourgeoisie avec toutes les idées pré-conçues sur cette activité sportive, mentale et physique. Alors qu’il n’en est rien !!!

Tout le monde peut entrer dans un golf. Personne n’exigera de vous la preuve infaillible d’origines sociales élevées. Tout ce qu’on vous demandera, c’est de respecter les autres, le silence et le parcours. 

« Les plumes de l’albatros » est ainsi une façon littéraire de faire découvrir un univers de passionnés et dont le seul but est de faire rentrer une balle dans un trou en moins de coups possibles.

Mais pourquoi ce titre « Les Plumes de l’albatros » :

Explication dans un extrait du livre : 

« Aurélien avait disparu. Tremblante, ne sachant que penser, elle remonta le sentier. Qu’est-ce que cela voulait dire ? Qui était derrière tout cela ? La bande des Mishderri ? Et comment expliquer aux autres, au Golf, qu’Aurélien avait été kidnappé ? Qui la croirait, elle, l’étrangère sans papier, la silhouette que l’on voulait oublier, l’employée sans nom ? Elle ne donnait pas cher de sa liberté quand les gendarmes viendraient fouiner au Club pour mener leur enquête. Elle frissonnait de nervosité. D’une manière ou d’une autre, Kalina se devait de trouver le moyen le plus immédiat de sortir indemne de ce guêpier, sans y laisser des plumes. Les plumes d’un joli albatros. » ©

Une vidéo mise en ligne sur YouTube illustre à merveille l’atmosphère du roman. Chaque photo est un clin d’oeil, un indice et pendant la lecture du livre, quand vous reverrez la vidéo, vous retrouverez les scènes dans le roman : https://youtu.be/WOsNlsLDN0M

Belle lecture… et bon golf !!!

Un bel albatros

« Les Plumes de l’albatros » sortira en juillet. C’est un hommage au golf, à la pratique de ce sport qui rend fou les golfeurs, fou d’une petite balle blanche qui tarde à aller se nicher dans les trous de nos parcours préférés, fou de cette activité en plein air qui nous rend plus humble face à la nature, fou de ces rencontres, de ces échanges, de cette réciprocité entre joueurs, sans tenir compte des origines de chacune et de chacun.

C’est çà aussi, le golf !!!

Un teaser annonce l’atmosphère de ce pur polar à l’atmosphère digne d’un long-métrage de Claude Chabrol, car qui est donc l’héroïne des « Plumes de l’albatros », sinon un élément étranger, un intrus, la personne sans identité que l’on dissimule sans essayer de connaître son passé. Un passé qui va leur exploser à la figure.

« Les Plumes de l’Albatros », chez Iggybook, sortie en juillet 2019. 15 euros, 150 pages.

Les Plumes de l’albatros

Bientôt, un albatros viendra se poser sur vos tables de chevet. Il dépliera ses grandes ailes majestueuses et humera l’air marin. Un bel oiseau blanc habitué des côtes bretonnes et des golfs en général. Symbole de liberté et d’audace, il est l’image d’une jeune femme, championne de golf, en fuite de son pays et obligée à la clandestinité. Victime d’une sombre machination, elle fera tout pour gagner sa part de liberté.

Peinture de notre société actuelle, confrontée au racisme et à la violence, à la précarité et aux faux-semblants, « LES PLUMES DE L’ALBATROS » est non seulement le roman de la vitalité et du courage, mais aussi une belle occasion de décortiquer le golf du carcan des idées reçues.

Grâce à ce roman vous entrez littéralement dans la vie d’un club. Vous faites partie du club…

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Sortie juillet 2019, 15 euros.

Un Breton en Vendée

Bonjour à tous
Le 10 mai 2019, souvenir impérissable, à la médiathèque de Saint Hilaire de Riez, j’assistais à la lecture du palmarès concernant le concours littéraire organisé par l’association vendéenne « Parler les lieux ». Lauréat parmi quatre autres auteurs, j’ai écrit un article qui est paru dans le numéro 21 de l’Association des Ecrivains Bretons dont j’ai l’honneur de faire partie. Vous pouvez retrouver la revue sur :

INFO-AEB-N-21-juin-2019-1

Bien à vous tous

Patrick Bédier

Hommage à ma grand-mère

Un projet de recueil était en cours, organisé par une maison d’éditions.

Le sujet « la Grande Guerre ». 1918-2018, bientôt le Centenaire de la fin de ce conflit mondial. En mémoire de nos soldats et arrières-grands parents disparus dans cet effroyable drame, les Editions d’Un Autre Ailleurs » invitaient à écrire une nouvelle librement inspirée de la Grande Guerre.

Il fallait écrire entre 2500 et 4000 mots, amour et humour étaient appréciés. Faire rire sur la guerre, c’est quelque chose que je ne pouvais pas faire. Alors, j’avais choisi l’amour parce que l’amour est universel, intemporel et international.

J’ai donc écrit « Les Aulnes ».

J’avais retrouvé une photo de ma grand-mère maternelle, Germaine Collet, écrivaine à ses heures et poétesse. Ainsi, par « Les Aulnes », c’est un hommage à sa mémoire que je lui rendais. Indirectement, par ma mère, elle m’avait transmis son talent.

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Il n’y a pas à dire, l’espoir fait vivre, mais au-delà de tout ce que l’on peut penser sur cette énergie qui nous porte à croire en des choses souvent insaisissables, la réalité des faits nous impose une réalité qui peut être parfois douloureuse.

Ce projet de recueil n’a pas abouti, faute de textes ayant été envoyé aux organisateurs.

Mais je tiens à ce que cet hommage fait à ma grand-mère maternelle perdure dans le temps. Il n’y aura donc pas de version papier où « les Aulnes » aurait côtoyé d’autres récits, mais une version numérique sur « Les enfants de papier », car cette nouvelle est un peu mon enfant et elle mérite d’être non seulement lisible, mais visible.

Vous pouvez la découvrir ci-dessous :

LES AULNES

Je ne sais pas à quel moment j’ai commencé à pleurer. Des larmes brûlantes comme le sel sur mes blessures. Cela ne pouvait pas être la joie, sans doute parce que tu n’étais plus près de moi. Des frissons parcouraient mon corps. J’avais la fièvre, une sensation désespérée étreignait mon âme : nous étions libres, loin, très loin de l’enfer où nous avions vécu. Les Ardennes n’étaient plus qu’un chaos. Et c’est dans cette terre labourée du sang des soldats que toi, mon amour, tu reposes. Sans que jamais je ne t’aie retrouvé.

Où es-tu ?

Je me raccroche à l’idée obsédante que tu es toujours de ce monde. Tu es vivant dans mon cœur et vivant dans une vie qui ne m’appartient pas. Je t’imagine si fringant, si beau dans des costumes de soie… Tu as pris une maîtresse et tu as fait les enfants que je ne pouvais te donner. Je préfère croire aux choses les plus insensées que de t’imaginer mort dans les tranchées, décapité par une volée d’obus, à moitié dévoré par les rats. Tant de femmes pleurent leurs maris et leurs fils. Je ne veux pas pleurer pour toi. Je sais que tu es heureux. D’aucuns me disent folle de croire à ces choses. Je ne suis pas folle. Je veux seulement ne pas sombrer dans cette folie que les puissants nous imposent. Être fou pour ne plus penser, pour ne plus agir.

Ma mère pense que nous arriverons avant Noël, mais où cela ? Sinon, loin de cette terre qui nous a vu naître, ma famille et moi… Depuis que le train file à travers les montagnes, tout m’indiffère. La nourriture est si fade dans ma bouche et les chants des oiseaux si tristes. Nous avons quitté l’Allemagne. Nous sommes en Suisse après avoir contourné le front. Et enfin, nous reviendrons en France et cela sera la Haute-Savoie, Annemasse où personne ne nous attend. Une vie à reconstruire, ailleurs, dans les pensées qui nous lient aux absents. Comment oublier ceux qui sont restés là-bas, qui n’ont pas eu notre chance d’échapper à la guerre, même si celle-ci n’est pas finie, alors qu’il y a tant à faire. Tant à faire. Panser les plaies de nos cœurs et tenter d’oublier l’horreur.

Si tu reviens à Sedan… et tu reviendras, je le sais, car tu es ailleurs et heureux, si loin de cette boucherie humaine où les corps de tes anciens camarades de l’usine sont tombés sous les balles, tu ne nous trouveras pas, Max, sinon la famille Acoibon qui n’a pas voulu quitter sa vieille maison dont il ne reste que les murs. Ma mère, Alexandra, ta sœur et moi-même vivions dans un abri souterrain quand l’oncle Maurice a eu vent de cette incroyable nouvelle. Les Allemands ont décidé de rapatrier en France les civils qui ne représentent pas une main d’œuvre utile, les vieilles femmes, les malades et les grabataires. Ma mère n’est plus vaillante, Alexandra perd la tête et moi… je ne suis plus que le souvenir de ma jeunesse, de cette intrépidité qui t’avait tant séduit. La guerre est passée par là, cette hydre fascinante et brutale qui emporte tout sur son passage. C’est un raz de marée auquel on ne pense pas quand monte l’écume rageuse des vagues d’acier, ce bouillonnement insensé de fureur humaine où la bêtise la plus crasse côtoie le moins héroïque des courages.

Max, ta sœur pense que tu es mort, mais je sais que tu es vivant. Tu as échappé aux mitrailleuses et aux obus, tu t’es fondu dans la terre des tranchées pour réapparaître sous la forme inhabituelle d’une silhouette qui a trompé les soldats. Tu es le faune que personne n’attend, l’esprit de cette terre meurtrie où la mitraille a ruiné le bois des arbres. Les grumes contenant les éclats forment des taches bleuâtres que le menuisier reconnaît avant d’utiliser sa scie. Cela, je le sais par ton ami Hans qui a toujours eu peur de la mort et s’imagine plus volontiers dans le rôle paisible d’un pâtre que dans celui d’un guerrier.

Il y a peu encore, il me faisait la cour. Rien ne l’arrête, sinon la mort… et la mort l’a trouvé au fond du trou où il s’était dissimulé avec sa garnison. Autant dire que mes frères de sang l’ont massacré. Y a-t-il pire que la guerre quand tout s’acharne à transformer l’humain en bête féroce ? Le voisin en cancrelat ? L’ami en ennemi ? Quelle politique insensée confronte avec plaisir les populations pour en faire la nourriture que les canons ont besoin pour cracher leurs boulets ? Et les hommes n’apprennent rien des sempiternels conflits qui ont ensanglanté notre planète. Nous étions à peine sortis de celle de 1870, des Triples Alliances se confondaient aux Ententes Cordiales, quand invariablement, Arès a réveillé les appétits de nos gouvernants. Arès, le dieu de la guerre offensive et de la destruction, a toujours raison lorsque le sang appelle le sang.

Et moi, quelle idiote, je suis tombée amoureuse de toi, le réfugié, l’exilé, poète à tes heures et ouvrier à l’usine. Tu venais de la Sarre comme d’autres étaient venus de Belgique. Tu parlais si bien la langue de Goethe, Goethe dont tu connaissais tous les poèmes dont celui du « Roi des Aulnes ».

Cela commençait ainsi « Mein Vater, mein vater… »

« Mon père, mon père, et n’entends-tu pas

   Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?

–        Sois calme, reste calme, mon enfant !

C’est le vent qui murmure dans les feuilles mortes. »

Le Roi des Aulnes est cette créature maléfique qui hante les forêts et entraîne les voyageurs vers leur mort. Telle cette machine terrifiante d’une guerre sans nom qui prend les enfants de la terre pour en abreuver ses entrailles.

Pourquoi cette malédiction qui ensanglante notre Europe ? Cette guerre sera-t-elle enfin la dernière, la « der des der » ? Y a-t-il une seule chance pour que des hommes de bonne volonté créent une Société des Nations, enfin capable de juguler les appétits des monstres qui grandissent dans les ruines fumantes des pays dévastés ? Peut-on y croire ? Y-a-t-il une seule chance pour que cela se réalise ? Une chance aussi ténue que la feuille de papier cigarette que tu utilises pour rouler ton tabac, aussi fine que le cheveu que j’ai collé sur ta photo, aussi légère que les promesses que tu me faisais, à ne pas prendre ton fusil…

Comment cela a-t-il commencé ?

Quel élément déclencheur a ruiné nos espoirs de reconstruction ? La guerre avec la Prusse était terminée, quarante-sept ans avaient passé. Malgré tout ce qu’on a pu raconter, nous n’avions pas les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges. C’est vrai que les Allemands nous avaient pris l’Alsace et la Lorraine, mais le début du nouveau siècle avait enterré les rancœurs. Il a fallu le « coup de Tanger » en 1905 pour que tout bascule dans l’esprit de revanche. Guillaume II n’aurait jamais dû montrer son intérêt pour le Maroc qui était notre chasse gardée. Ensuite, il y a eu la crise d’Agadir en 1911 où Berlin se faisait un plaisir d’envoyer un navire de guerre et l’affaire de Saverne en 1913 où des incidents opposèrent la population alsacienne à des militaires allemands.

Je ne me sentais pas concernée par ces manifestations d’humeur car je t’avais rencontré et l’amour que tu me portais suffisait à remplir mon cœur. Pas un instant, je n’ai douté de notre avenir. Jusqu’à ce qu’un déséquilibré assassine un prince de sang. N’y a-t-il pas eu comme un parfum funeste ? Une odeur d’outre-tombe qui s’exhale de ces moments dont on peine à mesurer l’importance ? Qu’est-ce que nous avions à voir avec la mort brutale de l’archiduc et des exigences de vengeance de l’Autriche-Hongrie ? Cela nous dépassait dans notre ordinaire, nous, gens de la terre et de la campagne. Qu’avions-nous à voir avec tout cela, sinon de devoir payer le prix fort des errements des politiques, de cet esprit revanchard qui mène à tous les conflits.

Oui, Max, je suis lasse d’avoir vu la mort emporter mes proches. Une mort dont j’ai vu les ailes gigantesques recouvrir les champs de bataille, enfumés par les gaz et cette odeur de pourriture qui ne cesse de hanter mes narines. Je veux imaginer que tu es vivant pour éviter de craindre le pire. Et ta mort… et la perpétuation du chaos dans mon cœur et dans mon âme… Quand le rideau se baissera-t-il enfin sur ce fameux théâtre des opérations militaires, théâtre si peu d’opérette, opéra sanglant dont les artifices meurtriers hantent les sillons formés par les tranchées ? Je t’aime, Max, même si aux yeux de ma mère, je passe pour une félonne. Mais quoi, est-ce ta faute si tu es tombé amoureux d’une Française, celle que tu as croisé sur le chemin en revenant de l’usine ? Te souviens-tu de notre première rencontre ? Je ne saurais évoquer les confidences que tu m’as faites après avoir chassé les guêpes qui m’avaient harcelée et dont je n’étais pas arrivée à me débarrasser. Tu avais ce courage insensé d’un homme impavide quand l’amour est en danger. L’amour sous les traits de ma jeune personne.

J’avoue, je t’avais déjà remarqué, toi, le paisible étranger qui faisait se rembrunir les anciens qui s’étaient battus contre l’armée prussienne. On disait tant de choses sur toi qu’avec le souci de braver l’autorité de mon brave père, je rêvais à une fusion avec le seul homme courtois du village, distingué personnage qui ne frayait qu’avec son ami Hans et n’allait à aucune fête. Vous vouliez monter un théâtre et jouer « le roi des Aulnes ». Cette pièce de Goethe que tu m’as fait découvrir, ma tête sur tes genoux et le livre entre tes mains. Ce poème me faisait peur, il y a tant de violences dans ces mots. Je ne pouvais pas imaginer que cette ardeur annonçait d’autres cataclysmes dont nous ferions les frais. La guerre, ce fracas des armes, est revenue exiger son impôt du sang, cette taxe dont nous ne cessons de payer les arriérés, cette mainmise de l’injustice et de la bassesse, et tel le Roi des Aulnes, elle emporte ses enfants dans sa gueule d’acier où ils disparaissent à jamais.

Et toi, où es-tu donc ?

Si loin et si proche de mon cœur. Si résolu à habiter ma mémoire, à accompagner mes gestes et à compléter mes errements. Je me retiens à cet espoir comme d’autres sombrant dans le vide, se rattrapent aux branches des arbres que leurs corps lourds comme des pierres traversent brutalement. On a tant parlé de ces fantômes qui errent sur les champs de bataille dans les forêts décharnées par la pluie des obus, de ces esprits qui viendront à jamais hanter les bois funestes où le feu a jailli des canons, de ces ombres menaçantes qui parcourent les champs où la bataille a fait rage. À l’heure où j’écris ces mots, le train qui nous emmène, a franchi la frontière avec la France. Encore quelques heures et nous arriverons à destination, à Annemasse. Je n’ai qu’une hâte, c’est de partir te retrouver, me faufiler entre tes bras pendant que tu me murmurerais « Ich liebe dich ».

Ai-je le droit en période de guerre d’aimer un ennemi de ma nation ? Mais avant même que le conflit ne se déclare, toi, Max, tu avais plongé tes mains dans le cambouis de l’usine avec tes camarades de l’atelier. Tu n’avais pas à rougir des plaisanteries sur ton peuple parce qu’elles venaient de tes amis. Mais quels amis quand résonna la sirène du village, annonçant une nouvelle guerre ? Quels amis quand la mobilisation échoit au plus grand nombre ? Quels amis encore lorsque les premières explosions des obus de 75 mm dévastèrent les lignes de front ? Quels amis, enfin, se souvinrent de toi ? La guerre a ceci d’impitoyable qu’elle broie tous ceux qui lui résistent. Elle moud les corps pour en former une matière informe et docile. Les avis ne comptent plus, les amours ne sont plus que des lambeaux détachés de promesses et les amitiés, des débris de serments piétinés.

Tout devient différent parce que c’est la Guerre. Et la Paix se fait attendre, car la Paix n’est pas dans les esprits quand une guerre se déclenche. Il faut du temps, beaucoup de temps, du sang et des morts, des morts inutiles pour évoquer l’esprit de la Paix dans les cénacles de l’Olympe militaire. Mais est-ce réellement la Paix avec un P majuscule, ou plutôt un compromis dont personne ne veut, un traité honni qu’aucun pays n’acceptera ? J’écris, j’écris et je m’égare. À la date où j’écris cette lettre, le 24 décembre 1916, le conflit s’est enlisé et personne ne voit de quelle façon il peut se terminer. La guerre est totale. Des rumeurs courent sur la création d’un Ministère de l’Armement. L’enfer de Verdun est passé par là et depuis plus d’un mois, c’est la Bataille de la Somme, aidée par les Anglais. Une véritable hécatombe. On parle de centaine de milliers de morts. Plus personne ne peut parler de paix, ce mot devient une injure à ceux qui sont revenus des tranchées.

Que va-t-il donc se passer ?

On dit que le Général Nivelle élabore un nouveau plan d’attaque frontale. C’est de la folie, tout le monde le dit. Cela va être un carnage de plus, comme si les vies ne comptaient pas. Le Roi des Aulnes n’est pas loin, à prendre par brassée ces existences jetées pêle-mêle dans une guerre atroce où la violence perpétuelle ensanglante la terre et la poussière. Je pressens les mutineries, les soldats ne se laisseront pas faire, ce ne sera plus possible d’obéir dans ces conditions. Max, Max, je t’en prie, sois vivant et loin de tout cela. Je prie pour que tu ne sois pas derrière une mitrailleuse à faucher tes anciens amis de l’usine. Je prie pour que tu sois loin de ce massacre insensé qui ne verra de fin qu’à l’horizon de nos crépuscules. Le crépuscule d’une humanité barbare. Peut-être qu’un jour les Aulnes se retourneront contre cette bête maléfique qui appelle à la violence. Leur vengeance ne se complètera que dans la mort de la haine et de la bêtise.

Le train arrive à Annemasse. Je vais ranger mes papiers et mon crayon. Cette lettre, je voudrais te l’envoyer, mais comment savoir où tu te trouves ? Une chose est certaine : tu es dans mon cœur, Maxence, tu es dans mon cœur et dans ma tête. Tu es en moi si profondément que même le médecin des âmes le plus intentionné ne saurait découvrir le secret de mes rêveries, de cette langueur indéfinissable qui empourpre mes joues quand j’entends jouer les Variations Goldberg. Toi qui savais si bien les pianoter sur le clavecin à deux claviers qu’oncle Maurice avait ramené d’Allemagne, à une époque où nous n’étions pas en guerre avec le pays de Goethe. Avec ton pays. Mon doux et tendre Maxence.

–        Ich liebe dich, je t’aime…

Marianne

Patrick BÉDIER  © ED2A2018.

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Auteur de polars, romans noirs et nouvelles, Patrick BÉDIER  a obtenu un Premier Prix en 2016 pour La Bataille des Dix Mots. Les Aulnes est un hommage à sa grand-mère maternelle, Germaine Collet, écrivaine à ses heures dont la photo orne la nouvelle.

 

Interview pour le feu de Grosse Terre

Le 10 mai 2019, se deroulait à la mediatheque de Saint Hilaire de Riez en Vendée la lecture du palmarès pour le concours littéraire organisé par l’association « Parler les lieux ». Ma nouvelle « Hymne à la vie » avait remporté l’adhésion du jury et je faisais partie des quatre lauréats en tête du palmarès.

IMG_20190510_184049Cerise sur un gâteau déjà onctueux, une proposition me fut faite : j’étais convié à un interview en direct à 16 heures sur la Grande Roue de Saint Jean de Monts par Radio NOV FM 93.1 en présence du maire de Saint Hilaire de Riez et d’un autre lauréat.

Grande émotion gérée en amont pour un auteur aimant l’ombre, mais se devant d’aller dans la lumière.

Vous pouvez trouver ci-dessous un enregistrement dit « sauvage » de ce moment inédit, réalisé grâce à un smartphone. Le son est correct avec tout de même le crachotement du vent et les bruits ambiants. Cet enregistrement est le seul qui existe à ce jour, sinon celui qui est gravé dans ma mémoire

Bien à vous tous.

Laissons parler les lieux !!!

Le samedi 10 mai 2019, la lecture du palmarès du concours littéraire organisé par l’association vendéenne Parler les lieux s’est déroulée à la Médiathèque de Saint Hilaire de Riez.

Cela a été une journée riche en émotions en présence des auteurs, du maire de Saint Hilaire de Riez et des organisateurs dont Michel Sansier, le Président de l’association.

Après les discours des uns et des autres, nous avons pris la direction la Grande Roue de Saint Jean de Monts pour l’interview sur les hauteurs en direct sur Radio NOV FM 93.1, la radio du nord ouest de la Vendée.

Jean-Yves Rebichon, primé pour « La nuit des trois mystères » dont la nouvelle a paru dans le premier opus, était convié. Un moment fort où les mots doivent venir sans accroc. Et cela a été une belle réussite !!!

Parution de « Hymne à la vie » dans le second opus à l’automne.

Bien à vous tous

De l’ombre à la lumière

Il semble que je me laisse emporter par une vague que je ne peux contrôler… et dont il ne faut pas modérer les effets… Cela reste le plaisir de l’âme.

Le vendredi 10 mai, à onze heures, avec les autres auteurs sélectionnés par le jury, j’assisterai à la Médiathèque de Saint Hilaire de Riez au palmarès du concours littéraire « Récits et Contes du feu de Grosse Terre », organisée par l’association « Parler les lieux », où ma nouvelle « Hymne à la vie » a été plébiscitée. Parmi quatre nominés, je suis invité à dire quelques mots en présence des médias locaux dont FR3.

Cerise sur le gâteau, j’aurais l’honneur d’être interviewé… en direct… sur une radio vendéenne, Radio Nov FM à seize heures à Saint Jean de Monts pour parler de mon « Hymne à la vie ».

Une première pour un auteur qui aime l’ombre, mais parfois, doit se mettre dans la lumière.

Sortie du recueil livre-CD au mois de septembre.

Bon week-end

Patrick

Hymne à la vie

Quand un éditeur vous appelle personnellement sur votre portable, c’est toujours une excellente nouvelle.

Lorsqu’il vous dit que le texte que vous avez envoyé à l’occasion d’un concours littéraire a été plébiscité par le jury, alors, là, c’est le pompon absolu !!!

C’est ce qui s’est passé le samedi 6 avril.

J’ai l’immense joie de vous annoncer la publication de ma nouvelle « Hymne à la vie », dans un ouvrage collectif (livre+CD), éditée par Parler les lieux Editions dans sa collection Contes, Légendes et Gestes.

Parler les lieux est une association vendéenne de Saint-Hilaire-de-Riez, née à l’initiative de quelques écrivains et amoureux des lettres, réunis au sein de l’Université Permanente de Nantes. Ils ont élaboré et construit un projet éditorial pour écouter la parole des lieux. Cette année, il s’agissait d’écrire sur un phare, feu de Grosse Terre qui se dresse à Saint-Hilaire-de-Riez.

Les rencontres sont souvent le fruit du hasard, mais notre travail d’auteur, quand il est récompensé, est toujours un savant mélange d’intense bonheur et de réelle satisfaction.

Sortie au mois de septembre.

Bien à vous tous

 

Festival du Livre et de la BD à Mennecy (Essonne), les 2 et 3 février 2019

img_20190108_162340Bonjour à tous

Les 2 et 3 février 2019, je serai présent avec « mes enfants de papier » au neuvième Festival du Livre et de la BD en présence de grands noms tels les invités d’honneur Frank Bartelt, Mireille Calmels, Gilbert Bordes et Emmanuel Pierrat.

Frank Bartelt, c’est le Prix Mystère de la Critique 2018. Mireille Calmels, ce sont les romans historiques comme le « lit d’Aliénor »… Tout un programme.

Et nous serons plus d’une centaine d’auteurs à vous attendre nombreux dans le Gymnase René Guitton, boulevard Charles de Gaulle, les 2 et 3 février, de 10 heures à 18 heures 30.

De mon côté, je serai avec « Mes enfants de papier » :

« LES FLEURS DE NOS MENSONGES » (2014)
Extrait :
« … Moi aussi, je suis en taule !!! J’ai des barreaux dans la tête, c’est la prison de mes cauchemars qui ne cesse de ruiner mes nuits…Mes nuits étaient sans sommeil et mes jours portaient les traces du chagrin de la nuit… »©

« LA REVANCHE DES MALINOIS » (2007)
Extrait :
« … La folie des hommes n’est rien d’autre que le fruit d’une alchimie, basée sur le pouvoir tragique de donner la mort et l’insatisfaction légendaire de l’être humain. À partir de là, tout peut venir… » ©

« IZYA » (2016)
Extrait :
« … Ils sont fous et je les hais. Mon ressentiment est plus fort que l’espoir, ma colère est plus grande que la joie, ma violence est plus douce que leurs larmes… »©

Chez le même éditeur, Editions Le Manuscrit

Bien à vous tous

Patrick Bédier