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Hommage à ma grand-mère

Un projet de recueil était en cours, organisé par une maison d’éditions.

Le sujet « la Grande Guerre ». 1918-2018, bientôt le Centenaire de la fin de ce conflit mondial. En mémoire de nos soldats et arrières-grands parents disparus dans cet effroyable drame, les Editions d’Un Autre Ailleurs » invitaient à écrire une nouvelle librement inspirée de la Grande Guerre.

Il fallait écrire entre 2500 et 4000 mots, amour et humour étaient appréciés. Faire rire sur la guerre, c’est quelque chose que je ne pouvais pas faire. Alors, j’avais choisi l’amour parce que l’amour est universel, intemporel et international.

J’ai donc écrit « Les Aulnes ».

J’avais retrouvé une photo de ma grand-mère maternelle, Germaine Collet, écrivaine à ses heures et poétesse. Ainsi, par « Les Aulnes », c’est un hommage à sa mémoire que je lui rendais. Indirectement, par ma mère, elle m’avait transmis son talent.

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Il n’y a pas à dire, l’espoir fait vivre, mais au-delà de tout ce que l’on peut penser sur cette énergie qui nous porte à croire en des choses souvent insaisissables, la réalité des faits nous impose une réalité qui peut être parfois douloureuse.

Ce projet de recueil n’a pas abouti, faute de textes ayant été envoyé aux organisateurs.

Mais je tiens à ce que cet hommage fait à ma grand-mère maternelle perdure dans le temps. Il n’y aura donc pas de version papier où « les Aulnes » aurait côtoyé d’autres récits, mais une version numérique sur « Les enfants de papier », car cette nouvelle est un peu mon enfant et elle mérite d’être non seulement lisible, mais visible.

Vous pouvez la découvrir ci-dessous :

LES AULNES

Je ne sais pas à quel moment j’ai commencé à pleurer. Des larmes brûlantes comme le sel sur mes blessures. Cela ne pouvait pas être la joie, sans doute parce que tu n’étais plus près de moi. Des frissons parcouraient mon corps. J’avais la fièvre, une sensation désespérée étreignait mon âme : nous étions libres, loin, très loin de l’enfer où nous avions vécu. Les Ardennes n’étaient plus qu’un chaos. Et c’est dans cette terre labourée du sang des soldats que toi, mon amour, tu reposes. Sans que jamais je ne t’aie retrouvé.

Où es-tu ?

Je me raccroche à l’idée obsédante que tu es toujours de ce monde. Tu es vivant dans mon cœur et vivant dans une vie qui ne m’appartient pas. Je t’imagine si fringant, si beau dans des costumes de soie… Tu as pris une maîtresse et tu as fait les enfants que je ne pouvais te donner. Je préfère croire aux choses les plus insensées que de t’imaginer mort dans les tranchées, décapité par une volée d’obus, à moitié dévoré par les rats. Tant de femmes pleurent leurs maris et leurs fils. Je ne veux pas pleurer pour toi. Je sais que tu es heureux. D’aucuns me disent folle de croire à ces choses. Je ne suis pas folle. Je veux seulement ne pas sombrer dans cette folie que les puissants nous imposent. Être fou pour ne plus penser, pour ne plus agir.

Ma mère pense que nous arriverons avant Noël, mais où cela ? Sinon, loin de cette terre qui nous a vu naître, ma famille et moi… Depuis que le train file à travers les montagnes, tout m’indiffère. La nourriture est si fade dans ma bouche et les chants des oiseaux si tristes. Nous avons quitté l’Allemagne. Nous sommes en Suisse après avoir contourné le front. Et enfin, nous reviendrons en France et cela sera la Haute-Savoie, Annemasse où personne ne nous attend. Une vie à reconstruire, ailleurs, dans les pensées qui nous lient aux absents. Comment oublier ceux qui sont restés là-bas, qui n’ont pas eu notre chance d’échapper à la guerre, même si celle-ci n’est pas finie, alors qu’il y a tant à faire. Tant à faire. Panser les plaies de nos cœurs et tenter d’oublier l’horreur.

Si tu reviens à Sedan… et tu reviendras, je le sais, car tu es ailleurs et heureux, si loin de cette boucherie humaine où les corps de tes anciens camarades de l’usine sont tombés sous les balles, tu ne nous trouveras pas, Max, sinon la famille Acoibon qui n’a pas voulu quitter sa vieille maison dont il ne reste que les murs. Ma mère, Alexandra, ta sœur et moi-même vivions dans un abri souterrain quand l’oncle Maurice a eu vent de cette incroyable nouvelle. Les Allemands ont décidé de rapatrier en France les civils qui ne représentent pas une main d’œuvre utile, les vieilles femmes, les malades et les grabataires. Ma mère n’est plus vaillante, Alexandra perd la tête et moi… je ne suis plus que le souvenir de ma jeunesse, de cette intrépidité qui t’avait tant séduit. La guerre est passée par là, cette hydre fascinante et brutale qui emporte tout sur son passage. C’est un raz de marée auquel on ne pense pas quand monte l’écume rageuse des vagues d’acier, ce bouillonnement insensé de fureur humaine où la bêtise la plus crasse côtoie le moins héroïque des courages.

Max, ta sœur pense que tu es mort, mais je sais que tu es vivant. Tu as échappé aux mitrailleuses et aux obus, tu t’es fondu dans la terre des tranchées pour réapparaître sous la forme inhabituelle d’une silhouette qui a trompé les soldats. Tu es le faune que personne n’attend, l’esprit de cette terre meurtrie où la mitraille a ruiné le bois des arbres. Les grumes contenant les éclats forment des taches bleuâtres que le menuisier reconnaît avant d’utiliser sa scie. Cela, je le sais par ton ami Hans qui a toujours eu peur de la mort et s’imagine plus volontiers dans le rôle paisible d’un pâtre que dans celui d’un guerrier.

Il y a peu encore, il me faisait la cour. Rien ne l’arrête, sinon la mort… et la mort l’a trouvé au fond du trou où il s’était dissimulé avec sa garnison. Autant dire que mes frères de sang l’ont massacré. Y a-t-il pire que la guerre quand tout s’acharne à transformer l’humain en bête féroce ? Le voisin en cancrelat ? L’ami en ennemi ? Quelle politique insensée confronte avec plaisir les populations pour en faire la nourriture que les canons ont besoin pour cracher leurs boulets ? Et les hommes n’apprennent rien des sempiternels conflits qui ont ensanglanté notre planète. Nous étions à peine sortis de celle de 1870, des Triples Alliances se confondaient aux Ententes Cordiales, quand invariablement, Arès a réveillé les appétits de nos gouvernants. Arès, le dieu de la guerre offensive et de la destruction, a toujours raison lorsque le sang appelle le sang.

Et moi, quelle idiote, je suis tombée amoureuse de toi, le réfugié, l’exilé, poète à tes heures et ouvrier à l’usine. Tu venais de la Sarre comme d’autres étaient venus de Belgique. Tu parlais si bien la langue de Goethe, Goethe dont tu connaissais tous les poèmes dont celui du « Roi des Aulnes ».

Cela commençait ainsi « Mein Vater, mein vater… »

« Mon père, mon père, et n’entends-tu pas

   Ce que le Roi des Aulnes me promet à voix basse ?

–        Sois calme, reste calme, mon enfant !

C’est le vent qui murmure dans les feuilles mortes. »

Le Roi des Aulnes est cette créature maléfique qui hante les forêts et entraîne les voyageurs vers leur mort. Telle cette machine terrifiante d’une guerre sans nom qui prend les enfants de la terre pour en abreuver ses entrailles.

Pourquoi cette malédiction qui ensanglante notre Europe ? Cette guerre sera-t-elle enfin la dernière, la « der des der » ? Y a-t-il une seule chance pour que des hommes de bonne volonté créent une Société des Nations, enfin capable de juguler les appétits des monstres qui grandissent dans les ruines fumantes des pays dévastés ? Peut-on y croire ? Y-a-t-il une seule chance pour que cela se réalise ? Une chance aussi ténue que la feuille de papier cigarette que tu utilises pour rouler ton tabac, aussi fine que le cheveu que j’ai collé sur ta photo, aussi légère que les promesses que tu me faisais, à ne pas prendre ton fusil…

Comment cela a-t-il commencé ?

Quel élément déclencheur a ruiné nos espoirs de reconstruction ? La guerre avec la Prusse était terminée, quarante-sept ans avaient passé. Malgré tout ce qu’on a pu raconter, nous n’avions pas les yeux fixés sur la ligne bleue des Vosges. C’est vrai que les Allemands nous avaient pris l’Alsace et la Lorraine, mais le début du nouveau siècle avait enterré les rancœurs. Il a fallu le « coup de Tanger » en 1905 pour que tout bascule dans l’esprit de revanche. Guillaume II n’aurait jamais dû montrer son intérêt pour le Maroc qui était notre chasse gardée. Ensuite, il y a eu la crise d’Agadir en 1911 où Berlin se faisait un plaisir d’envoyer un navire de guerre et l’affaire de Saverne en 1913 où des incidents opposèrent la population alsacienne à des militaires allemands.

Je ne me sentais pas concernée par ces manifestations d’humeur car je t’avais rencontré et l’amour que tu me portais suffisait à remplir mon cœur. Pas un instant, je n’ai douté de notre avenir. Jusqu’à ce qu’un déséquilibré assassine un prince de sang. N’y a-t-il pas eu comme un parfum funeste ? Une odeur d’outre-tombe qui s’exhale de ces moments dont on peine à mesurer l’importance ? Qu’est-ce que nous avions à voir avec la mort brutale de l’archiduc et des exigences de vengeance de l’Autriche-Hongrie ? Cela nous dépassait dans notre ordinaire, nous, gens de la terre et de la campagne. Qu’avions-nous à voir avec tout cela, sinon de devoir payer le prix fort des errements des politiques, de cet esprit revanchard qui mène à tous les conflits.

Oui, Max, je suis lasse d’avoir vu la mort emporter mes proches. Une mort dont j’ai vu les ailes gigantesques recouvrir les champs de bataille, enfumés par les gaz et cette odeur de pourriture qui ne cesse de hanter mes narines. Je veux imaginer que tu es vivant pour éviter de craindre le pire. Et ta mort… et la perpétuation du chaos dans mon cœur et dans mon âme… Quand le rideau se baissera-t-il enfin sur ce fameux théâtre des opérations militaires, théâtre si peu d’opérette, opéra sanglant dont les artifices meurtriers hantent les sillons formés par les tranchées ? Je t’aime, Max, même si aux yeux de ma mère, je passe pour une félonne. Mais quoi, est-ce ta faute si tu es tombé amoureux d’une Française, celle que tu as croisé sur le chemin en revenant de l’usine ? Te souviens-tu de notre première rencontre ? Je ne saurais évoquer les confidences que tu m’as faites après avoir chassé les guêpes qui m’avaient harcelée et dont je n’étais pas arrivée à me débarrasser. Tu avais ce courage insensé d’un homme impavide quand l’amour est en danger. L’amour sous les traits de ma jeune personne.

J’avoue, je t’avais déjà remarqué, toi, le paisible étranger qui faisait se rembrunir les anciens qui s’étaient battus contre l’armée prussienne. On disait tant de choses sur toi qu’avec le souci de braver l’autorité de mon brave père, je rêvais à une fusion avec le seul homme courtois du village, distingué personnage qui ne frayait qu’avec son ami Hans et n’allait à aucune fête. Vous vouliez monter un théâtre et jouer « le roi des Aulnes ». Cette pièce de Goethe que tu m’as fait découvrir, ma tête sur tes genoux et le livre entre tes mains. Ce poème me faisait peur, il y a tant de violences dans ces mots. Je ne pouvais pas imaginer que cette ardeur annonçait d’autres cataclysmes dont nous ferions les frais. La guerre, ce fracas des armes, est revenue exiger son impôt du sang, cette taxe dont nous ne cessons de payer les arriérés, cette mainmise de l’injustice et de la bassesse, et tel le Roi des Aulnes, elle emporte ses enfants dans sa gueule d’acier où ils disparaissent à jamais.

Et toi, où es-tu donc ?

Si loin et si proche de mon cœur. Si résolu à habiter ma mémoire, à accompagner mes gestes et à compléter mes errements. Je me retiens à cet espoir comme d’autres sombrant dans le vide, se rattrapent aux branches des arbres que leurs corps lourds comme des pierres traversent brutalement. On a tant parlé de ces fantômes qui errent sur les champs de bataille dans les forêts décharnées par la pluie des obus, de ces esprits qui viendront à jamais hanter les bois funestes où le feu a jailli des canons, de ces ombres menaçantes qui parcourent les champs où la bataille a fait rage. À l’heure où j’écris ces mots, le train qui nous emmène, a franchi la frontière avec la France. Encore quelques heures et nous arriverons à destination, à Annemasse. Je n’ai qu’une hâte, c’est de partir te retrouver, me faufiler entre tes bras pendant que tu me murmurerais « Ich liebe dich ».

Ai-je le droit en période de guerre d’aimer un ennemi de ma nation ? Mais avant même que le conflit ne se déclare, toi, Max, tu avais plongé tes mains dans le cambouis de l’usine avec tes camarades de l’atelier. Tu n’avais pas à rougir des plaisanteries sur ton peuple parce qu’elles venaient de tes amis. Mais quels amis quand résonna la sirène du village, annonçant une nouvelle guerre ? Quels amis quand la mobilisation échoit au plus grand nombre ? Quels amis encore lorsque les premières explosions des obus de 75 mm dévastèrent les lignes de front ? Quels amis, enfin, se souvinrent de toi ? La guerre a ceci d’impitoyable qu’elle broie tous ceux qui lui résistent. Elle moud les corps pour en former une matière informe et docile. Les avis ne comptent plus, les amours ne sont plus que des lambeaux détachés de promesses et les amitiés, des débris de serments piétinés.

Tout devient différent parce que c’est la Guerre. Et la Paix se fait attendre, car la Paix n’est pas dans les esprits quand une guerre se déclenche. Il faut du temps, beaucoup de temps, du sang et des morts, des morts inutiles pour évoquer l’esprit de la Paix dans les cénacles de l’Olympe militaire. Mais est-ce réellement la Paix avec un P majuscule, ou plutôt un compromis dont personne ne veut, un traité honni qu’aucun pays n’acceptera ? J’écris, j’écris et je m’égare. À la date où j’écris cette lettre, le 24 décembre 1916, le conflit s’est enlisé et personne ne voit de quelle façon il peut se terminer. La guerre est totale. Des rumeurs courent sur la création d’un Ministère de l’Armement. L’enfer de Verdun est passé par là et depuis plus d’un mois, c’est la Bataille de la Somme, aidée par les Anglais. Une véritable hécatombe. On parle de centaine de milliers de morts. Plus personne ne peut parler de paix, ce mot devient une injure à ceux qui sont revenus des tranchées.

Que va-t-il donc se passer ?

On dit que le Général Nivelle élabore un nouveau plan d’attaque frontale. C’est de la folie, tout le monde le dit. Cela va être un carnage de plus, comme si les vies ne comptaient pas. Le Roi des Aulnes n’est pas loin, à prendre par brassée ces existences jetées pêle-mêle dans une guerre atroce où la violence perpétuelle ensanglante la terre et la poussière. Je pressens les mutineries, les soldats ne se laisseront pas faire, ce ne sera plus possible d’obéir dans ces conditions. Max, Max, je t’en prie, sois vivant et loin de tout cela. Je prie pour que tu ne sois pas derrière une mitrailleuse à faucher tes anciens amis de l’usine. Je prie pour que tu sois loin de ce massacre insensé qui ne verra de fin qu’à l’horizon de nos crépuscules. Le crépuscule d’une humanité barbare. Peut-être qu’un jour les Aulnes se retourneront contre cette bête maléfique qui appelle à la violence. Leur vengeance ne se complètera que dans la mort de la haine et de la bêtise.

Le train arrive à Annemasse. Je vais ranger mes papiers et mon crayon. Cette lettre, je voudrais te l’envoyer, mais comment savoir où tu te trouves ? Une chose est certaine : tu es dans mon cœur, Maxence, tu es dans mon cœur et dans ma tête. Tu es en moi si profondément que même le médecin des âmes le plus intentionné ne saurait découvrir le secret de mes rêveries, de cette langueur indéfinissable qui empourpre mes joues quand j’entends jouer les Variations Goldberg. Toi qui savais si bien les pianoter sur le clavecin à deux claviers qu’oncle Maurice avait ramené d’Allemagne, à une époque où nous n’étions pas en guerre avec le pays de Goethe. Avec ton pays. Mon doux et tendre Maxence.

–        Ich liebe dich, je t’aime…

Marianne

Patrick BÉDIER  © ED2A2018.

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Auteur de polars, romans noirs et nouvelles, Patrick BÉDIER  a obtenu un Premier Prix en 2016 pour La Bataille des Dix Mots. Les Aulnes est un hommage à sa grand-mère maternelle, Germaine Collet, écrivaine à ses heures dont la photo orne la nouvelle.

 

Interview pour le feu de Grosse Terre

Le 10 mai 2019, se deroulait à la mediatheque de Saint Hilaire de Riez en Vendée la lecture du palmarès pour le concours littéraire organisé par l’association « Parler les lieux ». Ma nouvelle « Hymne à la vie » avait remporté l’adhésion du jury et je faisais partie des quatre lauréats en tête du palmarès.

IMG_20190510_184049Cerise sur un gâteau déjà onctueux, une proposition me fut faite : j’étais convié à un interview en direct à 16 heures sur la Grande Roue de Saint Jean de Monts par Radio NOV FM 93.1 en présence du maire de Saint Hilaire de Riez et d’un autre lauréat.

Grande émotion gérée en amont pour un auteur aimant l’ombre, mais se devant d’aller dans la lumière.

Vous pouvez trouver ci-dessous un enregistrement dit « sauvage » de ce moment inédit, réalisé grâce à un smartphone. Le son est correct avec tout de même le crachotement du vent et les bruits ambiants. Cet enregistrement est le seul qui existe à ce jour, sinon celui qui est gravé dans ma mémoire

Bien à vous tous.

Laissons parler les lieux !!!

Le samedi 10 mai 2019, la lecture du palmarès du concours littéraire organisé par l’association vendéenne Parler les lieux s’est déroulée à la Médiathèque de Saint Hilaire de Riez.

Cela a été une journée riche en émotions en présence des auteurs, du maire de Saint Hilaire de Riez et des organisateurs dont Michel Sansier, le Président de l’association.

Après les discours des uns et des autres, nous avons pris la direction la Grande Roue de Saint Jean de Monts pour l’interview sur les hauteurs en direct sur Radio NOV FM 93.1, la radio du nord ouest de la Vendée.

Jean-Yves Rebichon, primé pour « La nuit des trois mystères » dont la nouvelle a paru dans le premier opus, était convié. Un moment fort où les mots doivent venir sans accroc. Et cela a été une belle réussite !!!

Parution de « Hymne à la vie » dans le second opus à l’automne.

Bien à vous tous

De l’ombre à la lumière

Il semble que je me laisse emporter par une vague que je ne peux contrôler… et dont il ne faut pas modérer les effets… Cela reste le plaisir de l’âme.

Le vendredi 10 mai, à onze heures, avec les autres auteurs sélectionnés par le jury, j’assisterai à la Médiathèque de Saint Hilaire de Riez au palmarès du concours littéraire « Récits et Contes du feu de Grosse Terre », organisée par l’association « Parler les lieux », où ma nouvelle « Hymne à la vie » a été plébiscitée. Parmi quatre nominés, je suis invité à dire quelques mots en présence des médias locaux dont FR3.

Cerise sur le gâteau, j’aurais l’honneur d’être interviewé… en direct… sur une radio vendéenne, Radio Nov FM à seize heures à Saint Jean de Monts pour parler de mon « Hymne à la vie ».

Une première pour un auteur qui aime l’ombre, mais parfois, doit se mettre dans la lumière.

Sortie du recueil livre-CD au mois de septembre.

Bon week-end

Patrick

Hymne à la vie

Quand un éditeur vous appelle personnellement sur votre portable, c’est toujours une excellente nouvelle.

Lorsqu’il vous dit que le texte que vous avez envoyé à l’occasion d’un concours littéraire a été plébiscité par le jury, alors, là, c’est le pompon absolu !!!

C’est ce qui s’est passé le samedi 6 avril.

J’ai l’immense joie de vous annoncer la publication de ma nouvelle « Hymne à la vie », dans un ouvrage collectif (livre+CD), éditée par Parler les lieux Editions dans sa collection Contes, Légendes et Gestes.

Parler les lieux est une association vendéenne de Saint-Hilaire-de-Riez, née à l’initiative de quelques écrivains et amoureux des lettres, réunis au sein de l’Université Permanente de Nantes. Ils ont élaboré et construit un projet éditorial pour écouter la parole des lieux. Cette année, il s’agissait d’écrire sur un phare, feu de Grosse Terre qui se dresse à Saint-Hilaire-de-Riez.

Les rencontres sont souvent le fruit du hasard, mais notre travail d’auteur, quand il est récompensé, est toujours un savant mélange d’intense bonheur et de réelle satisfaction.

Sortie au mois de septembre.

Bien à vous tous

 

Festival du Livre et de la BD à Mennecy (Essonne), les 2 et 3 février 2019

img_20190108_162340Bonjour à tous

Les 2 et 3 février 2019, je serai présent avec « mes enfants de papier » au neuvième Festival du Livre et de la BD en présence de grands noms tels les invités d’honneur Frank Bartelt, Mireille Calmels, Gilbert Bordes et Emmanuel Pierrat.

Frank Bartelt, c’est le Prix Mystère de la Critique 2018. Mireille Calmels, ce sont les romans historiques comme le « lit d’Aliénor »… Tout un programme.

Et nous serons plus d’une centaine d’auteurs à vous attendre nombreux dans le Gymnase René Guitton, boulevard Charles de Gaulle, les 2 et 3 février, de 10 heures à 18 heures 30.

De mon côté, je serai avec « Mes enfants de papier » :

« LES FLEURS DE NOS MENSONGES » (2014)
Extrait :
« … Moi aussi, je suis en taule !!! J’ai des barreaux dans la tête, c’est la prison de mes cauchemars qui ne cesse de ruiner mes nuits…Mes nuits étaient sans sommeil et mes jours portaient les traces du chagrin de la nuit… »©

« LA REVANCHE DES MALINOIS » (2007)
Extrait :
« … La folie des hommes n’est rien d’autre que le fruit d’une alchimie, basée sur le pouvoir tragique de donner la mort et l’insatisfaction légendaire de l’être humain. À partir de là, tout peut venir… » ©

« IZYA » (2016)
Extrait :
« … Ils sont fous et je les hais. Mon ressentiment est plus fort que l’espoir, ma colère est plus grande que la joie, ma violence est plus douce que leurs larmes… »©

Chez le même éditeur, Editions Le Manuscrit

Bien à vous tous

Patrick Bédier

Meilleurs voeux 2019

Bonsoir à tous

Sourions à l’espoir qui nous émeut

  Une nouvelle année a commencé dans le tumulte de la précédente.

 Afin de célébrer 2019, je vous propose ce poème acrostiche destiné au plus grand nombre et qui se reflète au prisme d’une actualité turbulente. Je précise qu’un acrostiche est un message codé : il faut prendre la première lettre de chaque début de strophe et descendre jusqu’à la fin du poème pour lire le message.

Meilleurs voeux à vous et à tous vos proches.

 

Brisons les rêves inassouvis

Et rendons plus claires les nuits.

Le souffle du vent a le parfum de la folie,

La folie des hommes confrontée à leur infortune.

Et si nous tentons de dissiper notre mélancolie,

Ainsi, nous aurons pour les solutions inopportunes

Non seulement des sourires de damnés,

Nos grimaces des fêtes qui demeurent

Et ses regards aux promesses fanées.

Espérons que la raison l’emporte sur les rumeurs.

Ainsi, bravant les tragiques éléments,

Transportés par l’énergie de nos âmes,

Oubliant la peur du néant,

Usons de nos courages et avec feu,

Sourions à l’espoir qui nous émeut. © Paris, 2019

UN AUTRE MONDE

A l’occasion de Radio France fête le livre les 24 et 25 novembre 2018 à la Maison de la radio, Radio France propose une 4e édition du concours Radio France de la micronouvelle en partenariat avec Le Parisien Week-end et france.tvslash.

Le thème 2018 : « Un nouveau monde »

Cette micronouvelle, récit imaginaire, appartenant au genre narratif, doit être rédigée en 1 000 signes (plus ou moins10%), titre (non obligatoire) et espaces compris. Le récit doit comporter une chute. On y retrouve un pouvoir évocateur. Les lieux, les personnages et les actions sont fortement suggérés.

Concours amateurs ouvert à toute personne majeure, résidant en France. 

Mais les auteurs déjà publiés par une maison d’éditions ne peuvent concourir.

Cependant en hommage à un être disparu trop rapidement  et en soutien à toute la famille, « Un autre monde » vient éclairer les lumières de cette nuit trop funèbre où parfois, le désespoir ternit encore plus ce que nous pourrions prendre pour des étoiles alors qu’il suffit d’un clair de lune pour reprendre goût à la vie.

  « UN AUTRE MONDE »

Ma chaudière est en panne et je ne sais pas comment la réparer. Tu me regardes avec de grands yeux vides. Je ne suis pas prête de me réchauffer. C’est pourtant toi le chauffagiste, celui qui réchauffait mon coeur et avait pour mon âme des mots doux. Y a-t-il une seule chance de rompre le malheur par mes prières ? Une seule chance de croire à l’infime avant de se sentir dépossédée par le poids du destin ? Faut-il être fous pour se croire immortels et plonger nos âmes dans la fontaine de nos larmes ? 

Ma chaudière est en panne. Je me sens froide et éteinte. Avec des souvenirs en lettres mortes, cadenassés dans ma mémoire. Nos promenades le long de la Marle, cette rivière de Vannes que nous offre le Morbihan ; les sous-bois du Vallon de Kerlenn qui ont l’éclat mordoré des feuilles où viennent puiser les rayons du soleil quand il ne pleut pas, et le clapotis de la mer qui vient lécher le flanc des optimistes à la presqu’île de Conleau.

Tu es parti dans un autre monde, avant même de me quitter comme s’il suffisait d’un souffle pour disparaître, d’un sourire pour revenir, mais ce n’est pas si simple. Car je sens que la flamme du brûleur de ma chaudière a une vitalité insoupçonnée. Tu es en moi et le feu brûle dans ma tête comme la flammèche qui embrasera mes désirs. © Patrick Bédier, 2018

 

Salon de Châteaubriant 2018

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Et voilà, le Salon du Livre de Châteaubriant a refermé ses portes sur la Halle de Béré. Cela a été comme à chaque fois dans ce salon d’extraordinaires découvertes, de réconfortantes retrouvailles et de joyeux échanges. Car un salon est bien plus qu’un endroit où l’on vend ses livres, il s’agit d’un lieu propice aux échanges. C’est toujours un immense plaisir d’y être. La photo jointe est un clin d’oeil de la plénitude qui y règne : de gauche à droite, Patrick Gillet, lauréat du Concours International Francophone Louis Braille ; Michel Priziac, Président de l’Association des Ecrivains Bretons qui prépare sa conférence sur « Anne de Bretagne » ; moi-même et ma compagne ; et Sophie Herrault pour « Les amants de Lumière ».
Et ce n’est qu’une infime partie de ces tablées extraordinaires où se côtoient auteurs et éditeurs.
Au plaisir de lire et d’écrire…

Rentrée littéraire 2018

Bonjour à tous
Il y a eu la rentrée littéraire officielle, largement médiatisée… et il y a l’autre, celle des auteurs moins connus qui méritent une plus large audience, mais qui n’ont pas les intermédiaires adéquats… Tout vient de là.
Avant toute chose, c’est une rentrée littéraire où les salons du livre sont les lieux de rendez-vous, d’échanges et de rencontres.
Les 29 et 30 septembre, je serai présent avec « mes enfants de papier » au Salon du Livre de Châteaubriant, en Loire-Atlantique pour la deuxième année.
Et nous serons là, plus d’une centaine d’auteurs à vous attendre nombreux dans la Halle de bébé de 11 heures à 18 heures 30.
« Mes enfants de papier » sont :
« LA REVANCHE DES MALINOIS » (2007)
Extrait :
« … La folie des hommes n’est rien d’autre que le fruit d’une alchimie, basée sur le pouvoir tragique de donner la mort et l’insatisfaction légendaire de l’être humain. À partir de là, tout peut venir… » ©
« LES FLEURS DE NOS MENSONGES » (2014)
Extrait :
« … Moi aussi, je suis en taule !!! J’ai des barreaux dans la tête, c’est la prison de mes cauchemars qui ne cesse de ruiner mes nuits…Mes nuits étaient sans sommeil et mes jours portaient les traces du chagrin de la nuit… »©
« IZYA » (2016)
Extrait :
« … Ils sont fous et je les hais. Mon ressentiment est plus fort que l’espoir, ma colère est plus grande que la joie, ma violence est plus douce que leurs larmes… »©
Voir la vidéo :
https://youtu.be/LqC6rltbQHI

Chez le même éditeur, Editions Le Manuscrit

Bien à vous tous
Patrick Bédier

Le secret d’une histoire d’amour’

Bonjour à tous

Je vous rassure, je n’ai pas la prétention de livrer des secrets qui n’en sont pas sur ce qui fait l’alchimie d’une histoire d’amour… J’évoque plus naturellement le poème-acrostiche qui a été primé en 2016 lors de la Bataille des Dix Mots.

En lisant le texte, d’aucuns butaient sur certains termes et m’ont demandé leurs significations et leurs origines. Voici ci-dessous la présentation que j’en ai eu par les organisateurs du concours :

L’édition 2016 « Dis-moi dix mots … en langue(s) française(s) » met à l’honneur les variétés du français. S’il y a une seule langue française partagée par 274 millions de locuteurs dans le monde, celle-ci est riche de la diversité de ses expressions. 

Les dix mots choisis invitent à partir à la découverte du français parlé dans les différents territoires de la Francophonie : en France « chafouin » et « fada», au Québec « poudrerie » et « dépanneur », en Belgique « lumerotte » et « dracher », en Suisse « ristrette » et « vigousse », en Haïti « tap-tap » et au Congo « champagné ». Ces mots sont autant de propositions pour stimuler la créativité littéraire et artistique de nos concitoyens. 

Une essencerie est une station-service au Sénégal, tandis que l’essence désigne le parfum en Louisiane, un plat que nous désignerions comme savoureux en France est goûté à l’île Maurice, tandis que les abribus sous lesquels nous patientons sont des aubettes en Belgique… 

Notre langue n’est pas uniforme, mais au contraire riche de termes et d’expressions qui expriment des réalités et des cultures différentes, selon que l’on se trouve à Bruxelles, Kinshasa, Genève, Port-au-Prince, Montréal ou Paris. 

En règle générale, la diffusion de ces termes n’excède pas les territoires où ils sont en usage. Si l’on s’en tient à la liste qui est proposée, une poudrerie est inconcevable en Haïti, où il drache assez peu, et commander un ristrette dans un café marseillais risque de vous faire passer pour un fada ! Et pourtant, avec un peu d’imagination ou de curiosité, on peut comprendre que lumerotte n’est pas sans lien avec la lumière et tap-tap avec un moyen de transport inconfortable… 

Ces particularismes lexicaux fécondent le français, sans pour autant empêcher la communication dans une langue partagée. Ils nous font percevoir que chaque francophone est porteur d’un imaginaire et d’une identité singuliers, qui enrichissent et nourrissent les échanges avec les francophones du monde entier. 

EXPLICATIONS :

Chafouin (ine) [ʃafwɛ̃ , in] n. Employé en France.
ÉTYM. 1611 « putois » ; 1508, terme d’injure ; terme dialectal ; de chat, et fouin, masc. de fouine. n. vx. Personne qui a une mine sournoise, rusée. Une mine de chafouin. Une chafouine.
Adj. Mod. Rusé, sournois. Air chafouin. Mine chafouine.
Source : le Grand Robert, 2015

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Champagné

Champagné, par Atelier Pentagon  n. m. Employé au Congo.
Personne d’influence, aux nombreuses relations.
Source : Loïc Depecker, Petit dictionnaire insolite des mots de la francophonie, Paris, Larousse, 2013

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Dépanneur n. m. Employé au Québec.
Petit commerce, aux heures d’ouverture étendues, où l’on vend des aliments et une gamme d’articles de consommation courante. – Au Québec, le terme dépanneur s’est bien implanté. Il est même repris en anglais comme synonyme de convenience store. Source : Grand dictionnaire terminologique, 2015

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Dracher [dʀaʃe] v. Employé en Belgique. Il drache v. impers. FAM. Il tombe une pluie battante ; il pleut à verse. Il drache depuis le matin. Voir drache, doucher. – Vitalité élevée et stable, en Wallonie comme à Bruxelles. – Également employé dans le Nord de la France (Nord-Pas-de-Calias, Ardennes), ainsi qu’au Congo-Kinshasa et au Rwanda. – Emprunt au flamand draschen « pleuvoir à verse » (néerl. standard stortregenen). Voir drache*. Source : Michel Francard, Geneviève Geron, Régine Wilmet, Aude Wirth, Dictionnaire des belgicismes, De Boeck-Duculot, 2010

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Fada [fada] adj. et n. m. Employé en France.
ÉTYM. xxe, pour l’orth. actuelle ; xvie, fadas, fadasse, fadat ; cf. Huguet, cit. Brantôme, d’Aubigné ; provençal mod. fadas ; anc. Provençal fadatz, dér. de fat « sot, niais », du lat. fatuus « insensé » 1. Régional (Midi) Un peu fou ➙ cinglé. Il est un peu fada : il en est entiché, il en est fou.
2. N. m. Simple d’esprit ➙ fou. La maison du fada : sobriquet donné par les Marseillais à une construction

d’habitation dessinée par Le Corbusier.
Source : le Grand Robert, 2015

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Lumerotte, par Atelier Pentagon [lymRᴐt] n.f. Employé en Belgique. 1. Source de lumière de faible intensité. Mettre une lumerotte dans la chambre à coucher de la petite. Je n’arrive pas à lire avec cette lumerotte.
2. Légume (betterave, potiron, citrouille, etc.) évidé et percé de petites ouvertures, dans lequel on place une source lumineuse. Atelier de création de lumerottes. Faire des lumerottes pour la fête d’Halloween. – Vitalité peu élevée en Wallonie et très faible à Bruxelles. On notera toutefois que ce mot connaît un récent regain grâce aux activités organisées à l’occasion d’Halloween (tradition importée, mais qui se diffuse en Belgique), durant lesquelles les enfants se promènent avec des lumignons.
– Équivalents en fr. de référence : 1. lumignon, connu en Belgique francophone ; 2. citrouille (le plus souvent, ou un autre légume), également employé en Belgique francophone. – Emprunt au wallon/picard lumrote, loumrote, leumrote (mêmes sens). Source : Michel Francard, Geneviève Geron, Régine Wilmet, Aude Wirth, Dictionnaire des belgicismes, De Boeck-Duculot, 2010

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Poudrerie, par Atelier Pentagon n. f. Employé au Québec.
– Neige poussée par le vent pendant qu’elle tombe.
– Neige déjà au sol qui est soulevée et poussée sous l’effet du vent.Source : Grand dictionnaire terminologique, 2015

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Ristrette, par Atelier Pentagon. Employé en Suisse.
n. m. Petit café très fort, fait à la vapeur au percolateur.
Boire un ristrette au bar à café.
(Exc., au pluriel) Des ristretti.
Rem. Correspond à ce que l’on appellerait en France un express serré.
Emprunt à l’italien (caffè) ristretto « (café) bien tassé, serré », avec francisation de la finale pour la variante

ristrette, qui est la seule vraiment courante à l’oral.
adj. Au sens métaphorique (souvent en lien avec le temps), serré, limité. Rem. Le terme, essentiellement utilisé dans l’expression « c’est ristrette », s’emploie fréquemment à l’oral, mais se rencontre rarement à l’écrit. L’utilisation de ristrette comme adjectif n’a d’ailleurs pas encore d’entrée dans le Dictionnaire suisse romand. Source : André Thibault, Pierre Knecht, Dictionnaire suisse romand, Zoé, 2012

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Tap-tap n.m. Employé en Haïti.
En Haïti, camionnette servant au transport en commun dont la carrosserie s’orne de peintures naïves représentant des scènes de la vie quotidienne.
Source : Stanley Péan [auteur québécois d’origine haïtienne], Zombi blues, éditions de la Courte Échelle, Montréal, Québec, 1996

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Vigousse 

Adj. Employé en Suisse. Vigoureux, vif, plein de vie, alerte (d’une personne) ; vigoureux, fort, robuste, résistant (d’un animal, d’une plante). Pour son âge, mon grand-père est encore bien vigousse. Il n’est pas très vigousse, ton hibiscus. C’est le nouveau-né le plus vigousse que j’aie jamais vu. T’as pas l’air vigousse pour un sou, t’es malade ou quoi? Rem. Rare dans la langue écrite ; pratiquement inusité dans la langue littéraire. Première attestation en Suisse romande : 1887. On trouve le mot sous la plume de Flaubert dès 1848 (« c’est d’une vigousse et d’une bestialité inouïes », Par champs et par grèves), de même que chez les Frères Goncourt (Journal, juillet 1869 et janvier 1889), mais à chaque fois comme substantif féminin, avec le sens de « vigueur ». Dans Les Valseuses de B. Blier (1972), en revanche, on rencontre le mot en fonction d’adjectif : « Et ils trouvaient quand même la force, ces feignants, de nous faire au passage un bras d’honneur vigousse, ou de nous envoyer des baisers sonores. » La forme vigousse a aussi été relevée dans le Haut-Jura et à Nancy. Remarque : À noter que « Vigousse » est par ailleurs le nom d’un hebdomadaire satirique romand, créé en 2009. Source : André Thibault, Pierre Knecht, Dictionnaire suisse romand, Zoé, 2012

 

Et voici… « UNE HISTOIRE D’AMOUR » :

L orsque tout devient plus incertain,

A u-delà des moments opportuns,

L es images s’entremêlent dans les esprits.

A l’énoncé de nos douces rêveries,

N ous devinerons le tap-tap peinturluré

G agnant à travers la blanche poudrerie

U n sommet de la grande montagne.

E st-il fada, le chauffeur ?

F ait-il cela par amour ou par bravoure ?

R arement, il a affronté une drache

A vec autant d’énergie et de bonheur.

N éanmoins, le vigousse bonhomme

C omplète sa certitude par un élan du coeur,

A vec une pensée de plus pour le dépanneur.

I l se souvient de l’odeur chaude du ristrette,

S urtout du parfum de cette femme au regard si peu chafouin.

E spérant la revoir au petit commerce,

V olontiers, il lui parlera

O u mieux, lui déclarera sa flamme.

U ne histoire d’amour s’annonce

S ur fond de lumerottes tamisées.

S ouvent, il pense à elle et à son père,

A ce champagné influent qui viendra à sa rencontre.

L orsqu’il verra la fille sur les marches,

U n grand trouble s’emparera de lui

E t brûlera son âme de morsures infinies.© Patrick Bédier, 2016